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Une des plus belles histoires du football français débute le 8 mars 1984 en mer, entre l’Angola et la France. Antonio Mavuba, de son nom complet, ne savait surement pas ce que le destin allait lui réserver, alors que ses parents fuyaient la guerre civile angolaise. Sous le statut de « réfugié politique », la famille Mavuba s’installe á Mont-de-Marsan, où Rio fête ses quatre premiers anniversaires.

 

 


C’est alors que Nacimento Ricky Mavuba Mafuila, père de Rio, décide de se rendre accompagné de toute sa famille, à Bordeaux, capitale girondine. Ancien footballeur professionnel et international, membre de la fabuleuse équipe des Simbas (1er pays d’Afrique noire à avoir atteint une phase finale de Coupe du Monde, Allemagne 1974), il inspirera surement Rio à suivre la même voie que lui.

 

 

 

 


C’est à l’âge de 7 ans qu’il intègre le centre de formation des Girondins de Bordeaux, et que la belle aventure débute. Match après match, saison après saison, il franchit tous les niveaux malgré une douloureuse expérience de la vie. Rio n’avait que 2 ans lorsqu’il perdit sa mère à Mont-de-Marsan, et 13 lorsque le pilier de la famille, Nacimento Ricky Mavuba Mafuila, décéda. Elevé avec ses frères et sœurs et par sa « deuxième maman », il persévère, travaille, surclasse et devient rapidement un des espoirs les plus sûrs des Girondins de Bordeaux avec Marouane Chamakh, Marc Planus, ou encore Juan Pablo Francia. Cette ère sera certainement une des meilleures pour le centre de formation bordelais, sur lequel le club compte énormément.

 

 


Grandissant à Mérignac puis Bordeaux Bastide, entouré de ses 11 frères et sœurs, Rio possède des repères autour de lui que d’autres n’ont pas la chance d’avoir. Il adopte comme deuxième famille les Girondins et sur le terrain, on sent en lui un potentiel de jeu énorme.

1m72, 70 kg et un grand rêve : jouer pour son club de cœur, les Girondins de Bordeaux. Pour sa première titularisation en Ligue 1, Rio confirme les espoirs placés en lui inscrivant son premier but en L1, á l’extérieur, face á Montpellier.

 

 


Petit gabarit, il fait preuve d’une grosse activité de récupération, mais surtout, ajoute une touche intéressante dans sa capacité de relancer proprement le ballon. Souvent comparé á Jean Tigana, Rio prendra du volume de jeu à chaque rencontre.

Elu meilleur joueur du tournoi International de Toulon en 2004 avec l’équipe de France espoirs, qui était alors coachée par Raymond Domenech, Rio se démarque chez les bleuets et sera récompensé avec sa première sélection en équipe de France, le 18 août 2004, face á la Bosnie (1-1). Quand on lui demande si tout ne va pas trop vite, il répond humblement : « Peut-être que je ne réalise pas. Si on m’avait dit cela il y a dix mois, évidemment que je ne l’aurais pas cru. J’avoue que je suis moi-même surpris par mes performances ».

 

 


Intervient cette date importante dans la vie et carrière de Rio, le 4 février 2005. Le milieu de terrain défensif des Girondins de Bordeaux reçoit officiellement son décret de naturalisation française, au cours d’une cérémonie á l’hôtel préfectoral de Bordeaux. N’ayant jusqu’à cette date qu’un simple « titre de voyage », Rio ne retient pas sa joie : «C'est quelque chose d'important pour moi, j'ai déjà reçu ma carte d'identité et mon passeport, mais là, c'est symbolique de partager tout ça avec tout le monde».

Rio vivra quatre années pleines avec les Girondins, connaissant le haut de tableau, la lutte pour le maintien, la Coupe d’Europe, et surtout ce titre en 2007, la Coupe de la Ligue au Stade de France.

 

 


Pouvant partir sur une bonne note tout en laissant une bonne image, Rio se laisse séduire par un grand club européen et espagnol, Villarreal. Rio plait à l’Espagne, rappelons qu’il fut contacté par le Real Madrid lors de l’année 2005. Accueilli comme un grand joueur, car telle est la tradition, il se sent dès le départ chez lui, avec un contrat de 5 ans à la clé. A peine arrivé, le nouveau coéquipier de Pires se blesse, et ne peut participer pleinement à la préparation d’avant saison.

 

 


Devant le trop peu de temps de jeu proposé par son entraîneur, Rio décide de faire confiance à une équipe française désireuse de remonter la pente en championnat, le LOSC, dirigé par Claude Puel.

 

 


A Lille pour 6 mois, Rio entend bien jouer et découvre un club qui a tout pour réussir avec de nouvelles installations pour travailler, d’excellente qualité, et un projet de nouveau stade qui sera l’un des plus beaux d’Europe. Le LOSC remonte la pente en championnat grâce en partie à la stabilité qu’apporte le numéro 24 au milieu de terrain, et Rio sera récompensé par une nouvelle sélection en équipe de France au mois de mars 2008, á quelques mois de l’Euro.

Finalement, Rio décide de poser ses valises dans le Nord. Une décision murement réfléchie et récompensée par le LOSC qui le nommera capitaine. Fier de son brassard, il trouvera rapidement le ce rôle qui colle parfaitement à son caractère. Le LOSC terminera à la 5ème place et disputera l’année suivante l’Europe League.

Cette saison 2009-2010 sera celle de la confirmation et d’objectifs élevés. Toujours le brassard au bras, il tentera de hisser son équipe au plus haut du championnat français et de cette coupe d’Europe bien méritée.
 


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